| 29 août 2008 - | Ajoutez JDM à vos favoris |
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• Acceuil Réforme sanitaire : Chronique d’une attente qui a trop duré18 septembre 2007 Riche en propositions, le livre de Mohamed Ghoti revient sur les problèmes du secteur « Le corps de la ‘’Santé’’ est malade ». Cette phrase, aux allures de truisme, n’étonne plus personne. Les multiples problèmes dans lesquels sombre ce secteur vital le confirment amplement. Pour se pencher sur cette problématique, qui a fait couler beaucoup d’ancre et qui continue à le faire, le docteur Mohamed Ghoti y consacre tout un livre. Un traité qu’il veut analytique et synthétique de la situation actuelle du secteur mais qui se projette également dans l’avenir de ce domaine. Homme de terrain, il a baigné dans la profession et a eu l’occasion durant des années d’exercice de discuter avec les uns et les autres de ce domaine. Et c’est sans complaisance aucune qu’il nous livre ses réflexions qu’il a mûries et confortées avec des faits historiques et des textes de lois. Dans son essai intitulé « La réforme sanitaire qui se prépare… », M. Ghoti revient sur les origines historiques de cette réforme tant attendue mais qui tarde à venir. Entre le moment où elle a été proclamée, celui où elle a été annoncée et aujourd’hui, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Comme une boule de neige, les problèmes s’accumulaient et se multipliaient au fil des années rendant difficile cette tentative de redressement. C’est que le legs des années de laisser-aller est lourd. Mais pourquoi une réforme dans le domaine sanitaire et celui des soins ? La réponse à cette interrogation paraît évidente. Toutefois, l’auteur se donne la peine d’en rappeler les motivations. « Parce que c’est demandé par les médecins depuis longtemps, parce que l’évolution médicale et scientifique a introduit un progrès important qu’il faut maîtriser et auquel il faut s’adapter, parce que la population informée de ce progrès devient de plus en plus exigeante », détaille-t-il. Et d’ajouter : « L’aspect économique dans le financement des équipements et la production des soins obligent, à des mesures neuves, des ajustements et des mises à niveau sans cesse renouvelés ». En effet, caractérisé par des inégalités éclatantes et l’absence de médecine de prévention à l’école et dans les entreprises, le système de santé marocain pèse lourd sur les petites bourses. Beaucoup de citoyens renoncent aux soins pour des raisons financières ou de proximité. En décrivant ce système, l’auteur l’accable de tous les maux : « Les institutions de prestation, mutuelles et assurances dominent la situation par de plus en plus d’exigences et organisent une véritable police de santé. Elles sont peu crédibles et la situation tend, disent quelques-uns, vers « l’euthanasie sociale » par l’abandon parfois des conventions nécessaires aux soins des adhérents ». Plusieurs tentatives de réformes ont été effectuées avec une impression de tâtonnement et de cafouillage. Concernant la pratique médicale, l’auteur explique qu’en étudiant de près les revendications des praticiens, on se rend compte que ce qu’ils cherchent le plus c’est limiter la réforme à la refonte de l’ancien code de déontologie et la modification des textes de lois régissant la pratique médicale et l’organisation de l’Ordre. Toutefois, « la refonte limitée à ces changements partiels ne changeraient pas grand- chose à la situation générale », signale-t-il. Et l’auteur de décortiquer notre système de soins pour en conclure qu’il impose ses conditions et ne permet pas de choix réels au patient. En plus des 30% qui constituent la population qui bénéficie d’une assurance-maladie et les 70% qui se soignent par leurs propres moyens, seule une infime partie est concernée par la réforme. Et là le praticien se permet de reproduire certaines recommandations de confrères qui prônent d’instaurer la nécessité du passage obligé par le médecin généraliste, de revenir au système de temps partiel par conventions pour spécialistes dans les hôpitaux, de revenir aussi au temps plein strict dans les hôpitaux sur contrats et promouvoir la mobilité des praticiens qui ont montré cette tendance. Le lecteur découvrira une longue liste de propositions qui, selon l’auteur, devraient être accompagnées d’une réforme des textes concernant l’exercice des médecins, l’organisation de leur Ordre et de leur code de déontologie. Suggestions émises par l’auteur Corriger le système de santé reviendrait peut-être à trouver une solution pour la dispersion ; regrouper sous la même autorité l’ensemble des services ayant un rapport avec l’action sanitaire pour assurer la cohésion ; mettre l’ensemble des sites de production à la portée de tous ou en donnant les moyens à ceux qui n’en ont pas pour « égaliser » autant que faire se peut l’offre de soins, cela reviendrait à centraliser la politique sanitaire et à régionaliser la demande de l’offre. La régionalisation sous le contrôle des assemblées élues peut avoir la responsabilité de la programmation des équipements, du personnel et des programmes de base et de leur gestion. Elle peut ouvrir la voie à l’exemple de la prise en charge d’un programme social et sanitaire basé sur les motivations des utilisateurs et la diversité de leurs besoins. Elle ouvrira l’ère de la mise en œuvre de la réglementation maîtrisée. Tous les problèmes de santé se trouveraient dominés par la même volonté. Les textes individualisent quatre secteurs principaux, à savoir celui des structures étatiques, celui privé pour les soins ambulatoires, de moyenne hospitalisation et la médecine de proximité, celui militaire et celui des grandes cliniques caritatives définies par leur utilité publique pour apporter dans les grandes villes où elles s’installent des structures pour ceux qui n’ont pas l’habitude d’aller à l’hôpital public. Kenza Alaoui | LE MATIN www.lematin.ma Suite de l'actualité nationale et internationale
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