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• Acceuil Boulevard Mohammed V au centre du débat27 mars 2007 Comparée aux expériences internationales, l’histoire de cette avenue est ahurissante Le patrimoine urbain du XXe siècle était au centre d’un débat organisé, le 24 mars à la coupole de la Ligue Arabe, par le Conseil de la ville et l’association Casa Mémoire. Des experts venus d’Italie, de France, de Tunisie et d’Egypte ont ainsi exposé leurs expériences en matière de conservation des ensembles urbains considérés comme patrimoines nationaux. Dans ce cadre, l’historien Christophe Giudice a présenté le projet de réaménagement de l’avenue Bourguiba et la petite Cicile. « Afin d’encourager le tourisme, les responsables du projet ont fait le choix de réhabiliter les monuments et infrastructures de ce centre de Tunis au lieu de réaliser l’autoroute qui lie la capitale du pays à la ville de Sfaks », a expliqué Christophe Giudice. Par ailleurs, l’architecte Mercedes Volait a signalé que la réhabilitation du patrimoine est l’affaire de tous. « Généralement les autorités publiques se dérobent de la responsabilité sous prétexte que certains monuments appartiennent à des particuliers. Cependant, ce genre de travaux nécessitent le concours de toutes les composantes de la société », a affirmé cette historienne qui a présenté l’expérience de Héliopolis au Caire. Dans ce même cadre, l’architecte française, Claudine Piaton, a souligné que la patrimonialisation des bâtiments n’est pas signe de stérilisation. « Au contraire, c’est ainsi que les monuments continuent de vivre », a-t-elle précisé. Après Tunis, Gêne, Le Caire et Port Saïd, l’expérience du boulevard Mohammed V était aussi très « intéressante ». Cette avenue, censée être le centre de la métropole, sombre dans l’oubli. Elle n’a suscité malheureusement l’intérêt d’aucune partie civile ou publique. L’état des « beaux » immeubles de l’artère, construits pour la plupart dans les années 30, est déplorable. Les problèmes ne cessent de s’accumuler dans l’ancienne avenue de la Gare au point d’asphyxier la beauté de cette artère, qui faisait jadis la fierté des Casablancais. Elle nage ainsi dans un océan d’immeubles sales et mal entretenus. L’exemple le plus flagrant de cette décrépitude et de ce laisser-aller dangereux est l’hôtel Lincoln qui menace de s’effondrer. Pis, au lieu de trouver une solution radicale, la mairie de Casablanca n’a rien trouvé de meilleur que de poser une bâche géante sur la façade de cet hôtel. Ce qui prouve que les responsables de la ville sont incapables de trouver une solution à cet édifice, classé patrimoine local. Cette position est ahurissante, car malgré les nombreuses réclamations et sonnettes d’alarme tirées à ce propos, la ville continue de faire la sourde oreille sous prétexte que c’est une propriété privée. Au cours de cette 2e journée méditerranéenne du patrimoine récent, Monique Eleb, chercheur en architecture, a retracé l’histoire du boulevard de la Gare à partir des plans de Tardif en 1912 et celui de Prost qui a voulu faire de cette avenue un centre de la ville liant le port à la gare. Lors de cette rencontre, on a également parlé des configurations art-déco et des décors originaux qui agrémentaient les façades blanches dudit boulevard. Cependant, entre description et réalité, il y a des années-lumière. Les allées menant à cet édifice n’encouragent toutefois pas à la flânerie. Poubelles surchargées, senteurs désagréables, liquides vaseux, murs et carrelages malpropres… l’hygiène manque cruellement. Les travaux annoncés depuis plusieurs années pour la réhabilitation des lieux n’ont jamais vu le jour. Conséquence : toute l’activité environnante est ralentie, dont celle du marché central. Exposition photos A travers ces photos, on pouvait se glisser dans une époque ancienne mais meilleure où on peut admirer les voitures et carrosses stationnés en 1918 près du marché central. Mohamed Tangi a également essayé de ressusciter l’aspect culturel de la ville à travers les clichés du cinéma Vox édifié par Marius Boyer en 1935. Les Galleries la Fayette, la gare Casa-voyageurs et l’hôtel « les ambassadeurs » ont été aussi invités à ce feed-back optimiste pour témoigner du génie architectural et de la créativité d’une époque où existait un boulevard de la Gare. Nadia Ouiddar | LE MATIN www.lematin.ma Suite de l'actualité nationale et internationale
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